Le jeudi 8 avril, les Éditions H ont eu le privilège de donner une conférence sur le manga alternatif à l’Université de Bretagne Occidentale de Brest dans le cadre du cours « Introduction à la bande dessinée japonaise : aspects historiques, esthétiques et techniques » proposé en licence de lettres modernes. Cette UE libre est le premier cours régulier sur le manga dans une université publique française et peut-être même occidentale. Elle existe depuis 2008 et connaît un certain succès avec une soixantaine d’étudiants qui s’y inscrivent chaque année.

La première heure était consacrée à la conférence. Hervé Brient, le responsable éditorial de la revue Manga 10 000 images, a insisté sur la difficulté de définir la notion de manga alternatif puis il s’est essayée à retracer un rapide historique en partant des mangas akahon et kashihon, sans oublier le kamishibai, puis en abordant le gekiga et les magazines spécialisés comme Garo et COM, pour arriver aux publications actuelles (Ax, Ikki, Comic Beam, etc.). Il s’est aussi efforcé de présenter une vingtaine d’œuvres emblématiques tout au long de son intervention.

La seconde heure de cours a permis aux étudiants, avec l’aide de leur professeur, Denis Sigal, d’étudier une séquence de six planches extraites du recueil Hanashippanashi de Daisuke Igarashi qui a été publié en français par Casterman dans sa collection Sakka. Il était très intéressant de voir toute une série d’outils d’analyse mis œuvre à cette occasion. Voilà une nouvelle preuve que le manga peut être un sujet d’étude tout à fait sérieux et pas uniquement un passe temps pour adolescent ou un relais de croissance pour des éditeurs de bande dessinée toujours à la recherche de développement économique.